Oooopppsss, désolé...

La Combe Laval, vertige assuré...

 

 

 

Premier jour dans le Vercors. Je n'ai encore rien planifié pour ma journée mais je dois commencer par aller faire quelques emplettes. En revenant du supermarché depuis St-Jean-en-Royans en allant vers Bouvante le haut, je croise un panneau indiquant "Combe Laval". Celui-ci est accompagné du petit symbole indiquant qu'il y a un beau panorama à la clé. Je suis en vacances donc je suis là pour ça. Mettre les courses dans le frigo patientera, j'ai envie de faire ce détour... Riche idée ! Evidemment, dans un premier temps, ça monte.. Comme partout dans le Vercors, les hautes falaises sont accompagnées au pied par un cône d'éboulis qui permet de grimper vers celles-ci. Le calcaire des falaises est sensible à l'érosion et vient se poser à leur pied... Si l'on omet la couleur, ces formes ne sont d'ailleurs pas sans rappeler les fameuses "buttes" ou "mesas" (composées de grès) que j'ai pu voir dans le Sud Ouest américain : un sommet relativement plat donne sur des parois verticales puis sur un cône d'éboulis.

Ceux-ci fournissent l'espace nécessaire à une forêt dense donc on ne voit rien d'autre que la route tant que l'on grimpe. Et ce jusqu'à ce que l'on atteigne le point de vue de Gaudissard. De là, on domine nettement tout la plaine qui borde l'ouest du Vercors. On voit loin : c'est sympathique, spectaculaire mais pour tout vous dire, je ne me suis même pas arrêté ! J'ai poursuivi la route.  Et puis, subitement, j'ai commencé à sentir que l'on approchait du moment fatidique. On perçoit bien au travers de la végétation touffue sur notre gauche, que le précipice est là, que l'on entre dans quelque chose de spécial. Une longue courbe à droite, un bout de ligne droite et boum, on y est ! Le spectacle est à la hauteur de ce que l'on attendait... Pas d'autres choix que de stopper la voiture et de sortir déjà l'appareil photo. Mais la Combe Laval ne fait que commencer à se dévoiler. Au loin, on voit des falaises et un premier tunnel : la route va donc passer là, accrochée à ces parois verticales. Ben oui ? Pourquoi pas ? C'est tellement évident que c'était là qu'il fallait passer ! Il n'y avait pas plus simple que de tracer cette route à flanc de falaise !

Dès l'entrée du premier tunnel, un panneau indique que ce bout de route de tarés a été construit entre 1893 et 1896, puis élargi entre 1938 & 1939. Qu'un immense merci soit adressé aux travailleurs qui se sont échinés à creuser la roche pour les aider dans leurs trajets quotidiens, notamment pour acheminer le bois depuis Lente vers la vallée. Nous ne l'utilisons qu'à des fins bien plus futiles et contemplatives. Car les kilomètres qui suivent sont absolument magnifiques. Et vertigineux. La Combe Laval est magnifique ! Depuis ce fabuleux balcon artificiel, on voit très bien les falaises qui nous font face et referment cette reculée longue de 4km. Et l'on voit très bien que l'on est haut ! La route est tracée à environ 1000 m d'altitude. Le fond de la Combe se trouve environ 600 m plus bas tandis que le sommet est encore 100m juste au-dessus de nos têtes : 100 mètres de cette roche qui passe son temps à s'éroder, à se fracturer, à tomber... Mais il est bien évident qu'aucun bout de rocher nous tombera sur le crâne aujourd'hui. Hein ???!!! Piétons, cyclistes, motards, automobilistes et même amateurs de mobylette en bande, tout le monde prend son temps pour traverser cet endroit, pour contempler cet espace naturel au cœur duquel on se retrouve si aisément.

En poursuivant jusqu'au bout de la route en balcon, on arrive à la fin de la Combe marquée par un ultime tunnel. Le panorama y est fabuleux. Puis on s'éloigne, on passe le col de la machine et on l'on peut alors en tournant à gauche, prendre la route qui file de l'autre côté de la Combe. De ce côté là, le tarmac serpente au sommet du relief et la route offre beaucoup moins de points de vue dégagés. Une rando la parcourt mais ne l'ayant pas faite, je ne peux pas vous en parler. En revanche, la route offre tout de même deux endroits ou la vue se dégage complètement. Qui se dégage seulement si l'on admet de venir se placer au bord du vide sur un petit éperon de cette roche qui rompt de temps en temps ! Le jour où je l'ai fait, il y avait énormément de vent. J'avoue : je ne faisais pas le malin et je n'ai pas pu m'approcher tout au bord comme je le fais parfois ! Mais quelle vue. J'ai fait deux panoramiques depuis ce nid d'aigle...

Mais la Combe Laval ne se déguste pas que d'en haut. Si la route qui serpente au fond ne laisse percevoir que peu de points de vue dégagés tant la végétation y est omniprésente, elle offre un havre de paix, de petits bonheurs. Tout à coup, elle débouche sur un Monastère joliment restauré qui signe la fin de cette voie sans issue. Et non loin de là sa cache un petit Eden... Plusieurs petits cours d'eau se rejoignent en cascades au milieu des arbustes couverts de mousses abondantes... Sans surprise, quelques baigneurs connaisseurs s'y retrouvent. L'eau est fraiche, pas haute, mais en cas de canicule... Ne le répétez pas, laissons à ce petit endroit sa quiétude... Au sein d'un espace aussi fantastique !

Leave a comment